La culture - Vendredi 21 octobre 2005

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Le «MR en débat» du 21 octobre à Spa était consacré à la culture et s'est terminé par un concert et une soirée sous le label « Les Fêtes de la liberté »

Lire la synthèse des débats.

Pierre-Yves Jeholet et Richard Miller, Députés de la Communauté française, ainsi que Didier Reynders, Président du Mouvement Réformateur, ont ouvert le débat le vendredi 21 octobre à Spa du mal-être culturel en Belgique. Cette rencontre à laquelle ont participé de nombreux représentants culturels a été suivie d'un concert de l'artiste belge Géry Lippman et d'une soirée animée par les Surfing Leons.

L'accès à la culture est trop cher, trop compliqué, trop rare. Heureux celui qui n'a jamais été confronté ne fût-ce qu'à l'une de ces trois embûches. Le Mouvement Réformateur a décidé de réagir et ne le cache pas : son label "Fêtes de la liberté" sous-entend une série d'évènements ayant pour but principal le retour, chez le citoyen, du goût pour la culture.

Couronnée par un grand succès, cette première soirée augure de bons auspices pour la suite du programme qui, à travers Bruxelles et la Wallonie, donnera l'opportunité à des artistes de la Communauté française de se faire connaître.

Les mandataires MR rythmant le débat ont pu présenter une longue liste de constatations qui se révèlent utiles au processus de réinsertion sociale de la culture belge. Des aspects très positifs furent mis en avant, telles la reconnaissance, par l'UNESCO, de la diversité culturelle et l'annonce de la création de chèques culture et sport, destinés à augementer le marché de la culture. Mais tout n'est pas rose, tant pour les artistes, qu'au niveau administratif.

Le Mouvement Réformateur est conscient que l'herbe n'est pas plus verte dans son jardin que dans ceux de ses voisins. Cette prise de conscience a permis de revoir les priorités, en soutenant ceux qui agissent réellement sur le terrain au lieu de favoriser les "grandes vitrines". Conscient de sa mise à l'écart concernant le décret sur l'instruction permanente, répondant plutôt à un socialisme lobbyiste, le MR s'insurge contre un parti au pouvoir depuis 17 ans, osant prétendre qu'il va commencer à écouter les gens, annihilant sa coutume de laisser parler pour ne finalement ne rien faire.

Pensons au Théâtre de Charleroi, attirant les foules, et courant toujorus après de vrais subsides à cause de son incompatibilité avec le moule présenté par la Communauté française. Ne faudrait-il pas plutôt tenir compte de la fréquentation du public? Et l'opposition suggérée entre celui qui se dit économiste et celui qui se dit artiste alors que création artistique et développement économique vont de paire. Ou la pertinence de subsides destinés à réduire le prix des spectacles pour le public et qui ne tiennent pas compte de l'avis de ce public ou n'exigent ni une réelle fréquentation, ni le développement et l'éducation du public.

Le monde de la culture est victime de l'endormissement qui tend à confondre administration de la culture et la culture elle-même. La dérive est visible en Communauté française où des évènements gratuits sont organisés dans un seul but promotionnel souvent de personnalités politiques, et non plus à dessein culturel. Une problématique de dysfonctionnement, comme c'est aussi le cas à la RTBF où le PS se retrouve majoritaire au Conseil d'Administration, en discordance avec la représentativité qui devrait logiquement découler du vote des électeurs. Est-ce bon pour la culture quand on sait que pour les socialistes, le statut des artistes n'est à considérer que comme un statut d'ouvrier, sans même évoquer l'indépendance nécessaire à chaque artiste. Normal pour un parti qui préfère se pencher sur les problèmes des techniciens plutôt que sur ceux des artistes proprement dits, mais cela n'est pas admissible pour les Réformateurs.

Didier Reynders en sa qualité de Ministre des Finances favorise la création artistique et la participation des entreprises aux oeuvres cinématographiques belges avec la création du Tax Shelter. Cet incitant fiscal a contribué en 2004 à la récolte de plus de 7 millions d'euros qui ont été investis dans 10 projets représentant un budget total de production de plus de 60 millions d'euros. Les quatre films belges présentés à Cannes cette année, dont la Palme d'Or "L'enfant" des frères Dardenne, ont bénéficié du Tax Shelter.

Ce programme aide tous types de projets et amène des gens vers la culture en amenant les chefs d'entreprise finançant les productions, et leurs employés, à se sentir concernés. Pourquoi se résigner à vouloir absolument financer les choses à la manière socialiste, alors qu'un axe libéral pour la culture semble de mise. Le but n'étant pas de réorienter le décret à tendance socialiste vers une tendance libérale, mais d'avoir nos marques transversales et libérales.

Quelques jours après cette rencontre, le Député Philippe Monfils déposait à la Chambre des Représentants une proposition de loi portant sur l'uniformisation du statut fiscal des droits d'auteur et des droits voisins. Une proposition qui répond à une demande concrète du secteur culture et qui concerne les artistes de l'audiovisuel, de la musique, des arts plastiques, de la littérature, du spectacle, du théâtre et de la chorégraphie pour lesquels elle prévoit une imposition au taux uniforme de 15% par la retenue d'un précompte mobilier.

Lire la carte blanche des Députés Richard Miller, Pierre-Yves Jeholet et Françoise Bertieaux.

 
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