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Les débats Santé au sein des 14 fédérations du MR ont été un vrai succès. Tant les débats étaient riches et constructifs. Voici un résumé des principales thématiques et propositions évoquées lors de ces rencontres tout en suivant l’ordre des fiches techniques qui ont servi de support. La première fiche du dossier est consacrée à la prévention et à la promotion de la santé. Ces deux thèmes semblent être, pour la plupart des participants, une des grandes priorités du moment. Tous reconnaissent ici un rôle primordial au médecin généraliste dans la prévention des maladies (vaccinations), le dépistage (les chèques dépistage par tranche de 10 ans est une idée à développer) et l’accompagnement (des malades). Il est aussi le véritable pivot entre les différents acteurs de la santé. Les participants insistent également sur la nécessité d’impliquer les pouvoirs locaux dans la prévention (communes, CPAS et Provinces) en concertation avec le Fédéral, la CF et la RW (pourquoi ne pas créer un échevinat de la santé dans toutes les communes?) Tout le monde s’accorde à dire que la meilleure prévention passe par une bonne hygiène de vie, et que celle-ci s’acquiert dès le plus jeune âge. Les intervenants insistent sur la sensibilisation des parents dès la grossesse, ensuite via la crèche et puis l’école,… L’obésité est devenue une préoccupation importante pour tout le monde. Tous les participants rappellent que la pratique d’un sport et de bonnes habitudes alimentaires sont incontournables pour qui veut conserver sa ligne et sa santé! A ce titre, les écoles doivent contribuer à donner le goût de faire du sport. Tous s’accordent à dire qu’un minimum de 3 heures par semaine et/ou une après-midi sportive par semaine sont indispensables. Ne faut-il pas revoir les cours d’éducation physiquesachant qu’après les habillage- déshabillage et la douche, il reste environ 25 minutes de cours. Soulignons que le fameux contrat stratégique pour l’enseignement n’aborde absolument pas le sujet… Cela a créé l’étonnement parmi les participants aux débats. Il a été rappelé à plusieurs reprises qu’il est important de favoriser la psychomotricité à l’école pour donner très jeune le goût du mouvement. Un reproche est formulé à l’encontre des cours d’éducation physique à l’école : «on ne s’inquiète généralement pas beaucoup de savoir si les enfants sont capables ou pas de faire du sport (obésité, souffle au cœur, etc.).» La vérification de cette aptitude devrait être faite au cours de l’examen médical scolaire, qui, pour cette raison, devrait obligatoirement avoir lieu en tout début d’année scolaire. On pourrait aussi imaginer, dans le cadre des cours d’éducation physique, une utilisation plus systématique, par les écoles, des salles de sports et infrastructures extrascolaires existantes. Les cotisations réclamées dans les clubs de sports sont la plupart du temps prohibitives pour une grande partie de la population. Des participants demandent de relancer le débat parlementaire sur les « Chèques Sport et Culture » qui consistent en l’octroi, par les entreprises, d’un maximum de 300 euros par an par employé, utilisables pour la pratique du sport et/ou la participation à des activités culturelles auprès d'organismes agréés par les autorités communautaires compétentes. Beaucoup comptent également sur l’école pour épauler les parents dans l’acquisition de bonnes habitudes alimentaires dès le plus jeune âge. Parmi les idées évoquées: installer systématiquement des fontaines d'eau, instaurer, en invitant les parents, des semaines du goût en rappelant que les fruits et les légumes ont aussi du goût! Et aussi éduquer les enfants à une saine alimentation en les invitant par exemple à comparer les repas et friandises qu’ils apportent. La deuxième fiche traite des problèmes de tabagisme et de consommation abusive d’alcool. Il y a quasi unanimité, dans toutes les régions, pour exiger l’interdiction absolue de fumer dans les écoles. L’interdiction de fumer sur les lieux de travail moyennant des aménagements spécifiques pour les fumeurs semble également récolter un large consensus. Les participants au débat sont, par contre, plus partagés en ce qui concerne les restaurants, et la controverse est encore plus grande pour les cafés… Par ailleurs, il semble que l’augmentation du prix du tabac ne constitue pas une panacée. Mais certains insistent par contre sur une politique de prévention plus proactive, mais aussi plus constructive: ainsi, à côté des photos qui orneront bientôt les paquets de cigarettes, on pourrait faire figurer le numéro de téléphone d'un service de prévention du cancer, ou tout simplement d’une association d’aide au sevrage. Dans tous les cas, tous les participants ont rappelé l’attachement viscéral au respect de la liberté de choix: choix du fumeur, et, pourquoi pas, choix du restaurateur d’interdire ou non dans son établissement, etc. Si les problèmes liés aux drogues ont moins souvent été évoqués, les ravages que provoque la consommation abusive d’alcool, voire, pour les jeunes, la consommation d’alcool sans qu’elle soit abusive, retient presque partout l’attention. Beaucoup estiment indispensable d’interdire la vente d'alcool à des moins de 16 ans. Pour éviter toute consommation abusive d’alcool, on retrouve un large consensus pour interdire les distributeurs d'alcopops, ainsi que l'alcool dans les stations services. La sécurité alimentaire fait l’objet de la troisième fiche et préoccupe surtout les participants sous l’aspect nutritionnel. Ainsi, l’adjonction inconsidérée de sucre dans toutes sortes d'aliments est pointée du doigt. Il faut améliorer l'information dans ce domaine. La consommation incontrôlée de boissons sucrées et de friandises pouvant se substituer au repas est également une grande préoccupation. Ici aussi, l’information à l’égard des parents doit être amplifiée. Une idée parmi d’autres: pourquoi ne pas envisager de taxations différentes pour les distributeurs selon ce qu'ils offrent? Concernant les sodas, une majorité de participants rejette l’interdiction sauf peut-être pour les enfants d’école primaire. Par contre pour les ados, l’interdit peut être un incitant à le transgresser. Quelqu’un relève que des écoles ont simplement remplacé les sodas par des jus de fruits qui contiennent la même quantité de sucre! Associer l’école au processus d’éducation à la santé. Soutenons aussi la promotion de la santé auprès des jeunes au sein même des mouvements de jeunesse au sens large de façon personnelle et ludique. Plusieurs participants interviennent sur le rôle que pourraient jouer les médias en matière de prévention. Pourquoi ne pas créer sur la RTBF une émission «Question-Santé» comme il existe «Question d’argent» diffusée à une heure de grande écoute. La quatrième fiche aborde la question des médicaments et à quels prix. En matière de médicaments, les soucis sont multiples: surconsommation de certains médicaments (anti-dépresseurs, antibiotiques) – que des plus petits conditionnements pourraient en partie réduire – mais peut-être aussi une sous-consommation pour certains autres. Certains écarts de prix entre des produits semblables sont tout à fait interpellant. L’instauration d’un système d’appel d’offres pour les médicaments reçoit le soutien de nombreux participants. La diminution du prix des médicaments est en tout cas une priorité pour tous. Mais tous s’accordent aussi à dire qu’il faut donner suffisamment de moyens à la recherche. Presque tous les participants sont favorables au développement des génériques, pas assez prescrits ou encouragés, mais sous la condition de certifier la bioéquivalence des molécules pour pouvoir prescrire les génériques en toute sécurité. Dans tous les cas, il convient avant tout de respecter la liberté thérapeutique. Ainsi la prescription en DCI pourrait être une faculté laissée au médecin, mais pas une obligation. Certains soulignent également que les génériques ne contribuent pas au développement de la recherche sur de nouveaux médicaments et qu’à côté des génériques, il y a également d’autres médicaments de marque vendus à des prix très bas qu’il faut promouvoir. De l’avis général, la promotion des génériques et des spécialités vendues à des prix très bas est importante, pour autant que leur bioéquivalence soient démontrées, et sous la condition que cette promotion soit menée parallèlement à une politique de refinancement de la recherche. Dans la cinquième fiche, il est question des hôpitaux à la croisée des chemins. La première problématique évoquée lorsqu’on parle des hôpitaux est celle de leur financement qui est trop opaque, aux yeux de tous. Des participants ont insisté sur le fait qu’on est soi-disant entré dans un système de financement des hôpitaux sur base de pathologies, alors qu’il ne s’agit en réalité que d’un financement tenant compte partiellement de la durée du séjour par pathologie. Le gestionnaire d’un grand hôpital rappelle que si la plupart des hôpitaux ne sont aujourd’hui pas en faillite, c’est grâce aux recettes provenant de la pharmacie et aux fameux suppléments d’honoraires. A ce titre, il est important de rappeler que ces suppléments sont interdits en chambre commune et que dans les chambres à deux lits, des protections existent pour certaines catégories sociales. Le risque de la forfaitarisation du financement hospitalier, comme de la médecine, est que l’on pourrait tendre vers un système où l’on pourrait avoir intérêt à refuser les patients trop lourds, nécessitant une prise en charge trop élevée. Cette inquiétude a été relevée par nombre de participants. Concernant la rationalisation de l’offre de soins, on constate une pléthore de lits dans certaines disciplines, mais aussi un manque de lits dans certaines spécialités comme la revalidation. L’avis général est de ne pas soutenir le projet de créer des bassins hospitaliers. Orienter les moyens disponibles vers des plateaux techniques inter hospitaliers cogérés par différents hôpitaux est la position défendue par beaucoup. En matière de surconsommation, les recours abusifs aux services d’urgences sont souvent évoqués. Il y a tout un travail d'éducation de la population à réaliser. Des partenariats doivent être développés entre les services d’urgences et les médecins généralistes. Compte tenu de la croissance démesurée du budget des soins de santé, la responsabilisation accrue des prestataires est sur toutes les lèvres. Elle doit se baser sur l’Evidence Based Medicine. L’autoévaluation par les praticiens (ex. peer review) doit être privilégiée. Vu le raccourcissement continuel des durées de séjour hospitalier, il faut réfléchir à des formules alternatives, s’inspirant par exemple l’hospitalisation à domicile telle qu’elle existe en France. Cela nécessite un continuum avec les médecins généralistes. La 6ème fiche est consacrée aux droits des patients. Il est rappelé que les patients ont obtenu plus de droits, mais quelqu’un rappelle que les médecins en ont également, et que les patients ont aussi des devoirs. On attend toujours le système d’indemnisation des victimes d’aléas thérapeutiques et diagnostiques. A côté d’un système no-fault, certains rappellent qu’il ne faut pas exonérer la faute d’un prestataire. Les tribunaux doivent dans ce cas rester compétents. Dans le cadre de l’analyse de la septième fiche, des participants rappellent qu’oser parler de problèmes de santé mentale reste un véritable tabou sociétal. Peut-être parce que trop de patients sont envoyés trop vite à l’hôpital. Il y a un manque certain de structures alternatives. C’est notamment le cas pour des maladies spécifiques comme Alzheimer ou Parkinson. Pour de telles maladies, il convient également d’améliorer l’information aux familles, mais aussi la formation pour le personnel de la santé. Certains suggèrent la création de services d'urgence psychiatriques pour traiter des crises aiguës (tentatives de suicide, agressions, décompensations psychotiques, dépendances, abus de substances, etc.). On note enfin une demande pour reconnaître et protéger le titre de psychothérapeute. Il y a beaucoup de courants dans ces professions. Les psychiatres veulent être entendus sur la question. La problématique de la personne handicapée est évoquée dans la huitième fiche du dossier. Il est proposé de quitter la logique de la capacité d’accueil en institutions et la subsidiation suivant la capacité. Il faudrait soutenir la responsabilisation de la personne handicapée et de sa famille en développant un budget d’assistance personnalisée comme il existe en Flandre. En terme de subsides: 1 personne handicapée = 1 personne handicapée. Le système est pervers car les institutions ont tendance à se passer les cas les plus lourds pour ne garder que les plus légers. Il faut tenir compte des spécificités. C’est l’image même de la personne handicapée qu’il faut changer et mieux comprendre. Mettons-nous à leur place, que penser de la hauteur des distributeurs de billets par exemple. Des incitants fiscaux encourageraient des sociétés privées à introduire des personnes handicapées dans leur personnel. Des services d’accueil simplifiés sont en train d’être mis en place au sein des maisons communales pour faciliter les procédures d’octroi et de renouvellement des allocations auxquelles elles ont droit. Un cadastre des établissements publics nécessitant des aménagements pour les personnes handicapées est en train d’être réalisé. Le fédéral joue très bien le jeu. Le travail des régions est plus lent... Certains critiquent le système des allocations familiales majorées: des parents Deux fiches considèrent diverses questions en lien avec le métier de professionnel de la santé. Le thème du numerus clausus mobilise et entraîne beaucoup de réactions de la part des participants. L’organisation d’un examen à l’issue de la première candidature, voire d’un examen d’aptitude à l’issue des études secondaires semble récolter la majorité de suffrages. Elle devrait aller de pair avec une meilleure information, à la fin de secondaire, comme au début des études de médecine, sur les alternatives à la pratique comme médecin: administration, recherche, laboratoires, etc. Le problème de la surabondance des kinés pourrait recevoir un début de solution, selon certains, si on diminuait le nombre de hautes écoles. L’offre d’enseignement est actuellement trop importante. Les conditions de travail des professionnels de la santé sont évoquées par beaucoup. Certains spécialistes sont mis sous pression par les hôpitaux. Il faut mieux organiser la gestion de l’hôpital: cela nécessite une modification de la loi sur les hôpitaux (articles 73 et 140). Les fonctions médicale et hôtelière doivent être mieux distinguées. Pour les généralistes, certains évoquent l’anachronisme des visites à domicile qui restent évidemment justifiées dans certains cas. Et certains posent la question: «ne faudrait-il pas augmenter le différentiel entre la visite à domicile et consultation chez le médecin?» Il y a une unanimité pour reconnaître que le métier d’infirmier/e doit être revalorisé. Les mauvaises conditions de travail des infirmières sont rappelées et pointées comme cause du départ des infirmières de l’exercice de cette profession. Le travail doit être mieux organisé entre infirmières, aides soignantes, administratifs et médecins. Pour revenir aux infirmières, il est également plus que temps de faciliter les passerelles des A2 vers les A1. En Flandre, il ne faut qu’un an de mise à niveau, en Communauté française, 3 ans et au bout du compte, les infirmières concernées ne sont même pas sûres d’être reconnues. Tous exigent également une meilleure prise en considération des infirmières indépendantes par l'INAMI. La dernière fiche du dossier s’interroge sur le fait de devenir âgé. Pour les personnes âgées, le maintien à domicile des personnes âgées dans les familles est prôné comme solution prioritaire pour le bien-être de la personne. Cela nécessite des incitants financiers et/ou fiscaux. Il faut en même temps améliorer les encadrements de soins à domicile pour réserver les maisons de repos et MRS aux personnes en grande perte d'autonomie. Les espaces de rencontre «intergénérationnels» doivent être encouragés et financés. Beaucoup insistent sur la prévention de la maltraitance psychique et physique. En marge des fiches et du dossier préparés en vue des débats, différents thèmes ont été abordés par les participants. Le rôle des mutualités n’avait pas expressément été retenu comme thème de débat, mais beaucoup ont formulé des suggestions ou des remarques à leur égard: ainsi, leurs études ne sont pas toujours neutres et elles influencent souvent les décisions politiques. Il faut recentrer les mutuelles vers leurs missions de santé. Enfin, il faut noter quelques questions sur la reconnaissance des médecines non conventionnelles. En conclusion, l'étendue du thème est telle et le temps imparti pour le débat, limité, ce qui explique que tous les sujets n'aient pu être abordés. L'initiative du « MR en débat » est saluée par tous les participants, qui paraissent très intéressés par les suites qui y seront données. Le traitement et l'analyse de l'ensemble des informations recueillies au cours de ces débats suivront et contribueront à déterminer les axes de travail du Mouvement Réformateur en la matière. - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
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