Organismes Génétiquement Modifiés - Samedi 11 mars 2006

  • Imprimer cette page

Ce samedi matin, les Organismes génétiquement modifiés (OGM) étaient au cœur du débat aux Facultés agronomiques de Gembloux.

Consultez le compte-rendu des débats.

Didier Reynders, Président du Mouvement Réformateur, Sabine Laruelle, Ministre des Classes moyennes et de l’Agriculture, Caroline Cassart-Mailleux, Député wallonne et agricultrice, et Claude Ancion, Député wallon et Président de la Commission agricole du MR, ont mené les discussions et ont pu compter sur l’expertise de :

  • Patrick du Jardin, Professeur et coordonnateur du réseau Biotechnologies végétales à la Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux (FUSAGX);
  • Marie-Laurence Semaille, Conseillère à la Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA);
  • Marc Van Montagu, Professeur honoraire et ancien Directeur du Laboratoire de génétique de l'Université de Gand, concepteur des premières plantes transgéniques;
  • Baudouin Velge, Administrateur délégué de la Fédération belge des entreprises de distribution (Fedis).

Du côté des scientifiques, le Professeur du Jardin, a clairement placé le débat sur les OGM sur trois niveaux: il convient d’en jauger leur utilité, d’en mesurer les risques et de parvenir à un compromis éthique.

L'utilité de certains OGM est réelle même si, à ce stade, les espèces d’OGM commercialisées sont encore peu diversifiées. Une vague d’OGM, de seconde génération est en cours d’élaboration, mais les recherches sont longues et coûteuses. On parle déjà, par exemple, de tomates enrichies en vitamine E. 

Loin d’englober le potentiel des OGM, le débat, depuis plusieurs années, semble s’être focalisé sur les risques. Par amalgames, on confond souvent danger et risques. Parfois, un danger (pour l’environnement ou d’autres espèces) existe sur un plan purement théorique (ou en laboratoire), mais les conditions pour qu’émerge ce danger sont telles que le risque se révèle en fait très bas. 

La question des modifications génétiques touche aussi à l'éthique dans le sens où il s’agit d’une mutation non-naturelle, issue de la main de l’homme. Cela s’oppose à certaines valeurs, religieuses notamment, qui défendent l’idée que l’Homme ne peut modifier ou rendre artificielle la nature. Dans ce cas, il faut alors trouver un compromis entre le point de vue social et le point de vue scientifique.

Sur les OGM, les scientifiques présents, dont le Professeur Van Montagu, tirent les mêmes constats:

  • il doit y avoir vulgarisation de l’information à destination du public. Or, les médias préfèrent actuellement véhiculer des messages sensationnels, souvent anti-OGM;
  • aucune observation scientifique ne permet actuellement de condamner les OGM quant à leur impact négatif sur la santé;
  • sur base des quelques OGM actuellement commercialisés, les producteurs qui les utilisent constatent déjà des points positifs : moins d’insectes, moins de toxines, moins de champignons. De plus en plus de producteurs choisissent librement d’opter pour des plants OGM, notamment dans les pays en voie de développement;
  • les OGM disposent d’un potentiel de développement en Belgique que ce soit au niveau des pratiques agricoles ou des applications industrielles comme les biocarburants.

Du côté des agriculteurs, Marie-Laurence Semaille, a rappelé que le débat sur le fait d’accepter ou non les OGM est dépassé: l’Europe est importatrice de porc, de poulet et depuis 2005, de bœuf. Les consommateurs européens consomment donc déjà des OGM. Ce qui est dès lors d’actualité pour le monde agricole, c’est le débat sur la coexistence entre des cultures OGM et des cultures conventionnelles ou biologiques. Et le monde agricole, s’il souhaite la mise en place de filières étanches, se demande pourquoi tout le coût devrait être supporté par les cultivateurs: contrôle, mesures de préservation, parcellisation...

De plus, la Fédération wallonne de l’agriculture n’a pas apprécié la prise de position unilatérale du Ministre wallon de l’Agriculture qui a préféré ne pas attendre le rapport du groupe chargé d’aboutir à un compromis entre tous les acteurs sur les OGM: distribution, écologistes, agriculteurs et scientifiques. Par ailleurs, cet avant-projet de décret diabolise les producteurs qui souhaiteraient se lancer dans cette culture. A titre d’exemple, les obligations d’information sont telles que l’on peut presque parler d’incitation à la destruction. Quant aux sanctions, elles sont clairement dissuasives.

Un des éléments sur lequel le MR, rejoint par le professeur du Jardin, insiste est le fait que l’Europe dispose du meilleur arsenal législatif et d’une procédure de mise sur le marché sévère, longue et coûteuse. «Si l’on ajoute une barrière de plus au niveau régional, on achève de gripper la machine et le choix de cultiver des OGM se révèle impossible en pratique», relève le MR.

Du côté des distributeurs, Baudouin Velge déplore que le comportement du consommateur belge soit relativement irrationnel et émotionnel. Il convient donc d’améliorer la communication à destination du grand public et de souligner les avantages des OGM.

Pour Didier Reynders: «Les discussions qui ont animé ce débat sur les OGM durant trois heures démontrent bien que sur des sujets où l’intervention de la science est importante, il est essentiel de transmettre une information complète et nuancée. Bien souvent, les médias ne relaient que les arguments véhiculés par les associations anti-OGM et privent de ce fait, les citoyens de la totalité des informations qui leur permettront de se faire une opinion. Nous sommes particulièrement heureux de constater que de nombreux experts sur les OGM ont accepté de participer à  cette rencontre. Ils auront permis d’objectiver le débat.

Je souhaiterais qu’en Région wallonne, communes et Gouvernement mènent àleur tour le débat avant d’adopter des positions si contraignantes que les agriculteurs ne pourront se lancer dans aucune culture d’OGM et qui repoussent le secteur prometteur des biotechnologies vers d’autres contrées. Cette attitude totalement fermée paraît être contradictoire avec la philosophie du Plan Marshall qui promet de nombreux investissements dans la recherche et l’agroalimentaire.»

Carte blanche de Caroline Cassart et Claude Ancion, Députés wallons : "La Raison d'être ou de ne pas être des OGM"

Consultez le compte-rendu des débats.

 

 

 
Téléchargez le
dossier complet "Les OGM au coeur du débat"
au format pdf.
Dossier 664Ko
Téléchargez une ou plusieurs partie(s) du dossier "Les OGM au coeur du débat" au format pdf.
Introduction
Définitions
p. 03>04 - 226Ko
Applications du génie génétique
p. 05 - 232Ko
Chiffres
p. 06 - 213Ko
OGM et santé
p. 07 - 213Ko
OGM et agriculture
p. 08>09 - 223Ko
OGM et environnement
p. 10 - 218Ko
Le processus décisionnel
p.11>12 - 230Ko
La recherche publique
p. 13 - 218Ko
Questions éthiques
p. 14 - 217Ko
Page de note
Page de note
207Ko
haut de page