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La construction européenne mérite un débat. Même si le non l’a emporté, le référendum français a eu le mérite de provoquer un vrai débat sur l’Europe. Le taux de participation élevé le confirme.
Le «non» à la Constitution européenne exprimé dimanche par une majorité de Français à la Constitution européenne est une déception, mais le taux de participation est par contre une satisfaction car il est l’expression d’un choix démocratique.
S’exprimant lundi à l’issue du Conseil du Mouvement Réformateur qui a longuement discuté du résultat du référendum français, Didier Reynders, Président du MR, a clairement confirmé que le MR demeurait plus que jamais partisan de la démocratie participative et de l’organisation en Belgique d’une consultation populaire pour laquelle le Mouvement a d’ailleurs lancé une pétition.
«Si on refuse cela, pourquoi même aller encore aux élections, car on prend des risques en allant aux élections, mais alors ce serait un déni de démocratie», explique Didier Reynders. « Le résultat du référendum français ne doit en aucun cas remettre en question le principe de consultation populaire.»
Une consultation populaire est d’autant plus justifiée lorsque les Gouvernements ne sont pas certains d'être soutenus par leur population, et pas seulement quand ils ont la certitude de la remporter. C’est cela le sens du débat démocratique et l’intérêt d’une consultation populaire : demander aux citoyens leur position sur un sujet qui les concerne au premier chef et sur lequel on ignore dans quel sens penche la majorité.
Le Président du MR a appelé les responsables européens à faire preuve de plus de combativité en défendant le modèle européen, et à être moins sur la défensive comme l’ont été les responsables politiques français de la gauche favorable au oui de combat.
Il est significatif que les populations des anciens Etats membres considèrent pour acquis les avantages de l’Europe – paix, démocratie, prospérité, alors que les adhérents les plus récents sont conscients des avantages et des libertés qu’apportent l’Union et sont plus enthousiastes à l’idée européenne.
Pour Didier Reynders, « le non français est le résultat d'un débat beaucoup trop défensif pollué par la perspective des présidentielles, mais aussi par les extrêmes ». Finalement, très peu de représentants français se sont exprimés sur le texte même de la Constitution européenne et sur son apport essentiel.
La construction européenne mérite un débat. Même si le non l’a emporté, le référendum a eu le mérite de provoquer un vrai débat sur l’Europe.
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