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Publié le 23 juin 2009
Bien que la dette de l'Etat fédéral soit passée en 2008 à 89,7% du Produit Intérieur Brut (PIB), mais aurait été de 83,4% s'il n'y avait pas eu de crise financière, il est permis de dire - sans euphorie bien entendu - que «la Belgique ne se comporte pas si mal que cela si on compare sa situation à la plupart des pays de la zone euro.»

«La période de turbulence provoquée par la crise financière a démontré l'importance de l'Euro pour la Belgique. Elle a aussi démontré l'efficacité de la modernisation de la gestion de la dette.»
C'est ce que Didier Reynders, Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances, a déclaré mardi en présentant le rapport 2008 de la dette fédérale avec Jean-Pierre Arnoldi, Président du Comité de direction du SPF Finances.
«2008 a été, malgré tout, marquée par une bonne gestion de la dette, la réforme de celle-ci ayant permis de réagir rapidement à la situation créée par la crise financière,» ont expliqué MM Reynders et Arnoldi lors d'un point de presse.
«Nous avions déjà pour 2008 quelques indications sur l'augmentation de la dette en raison des interventions rendues nécessaires par la situation de certaines grandes banques. La dette a en effet atteint 89,7% du PIB alors que sans ces interventions elle aurait été de 83,4%,» ont-ils précisé.
«La situation est malgré tout tempérée par le fait que les taux d'intérêt sont bas, ce qui diminue le poids de la charge de la dette. En 2007, le ratio de la dette était de 84%,» a ajouté Didier Reynders.
Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances a encore annoncé que le Gouvernement fédéral devra, pour la rentée d'octobre 2009, réexaminer à la fois la situation du budget 2009, dont le déficit estimé est de 5,5% et élaborer un budget pour 2010 et 2011.
«Il faudra tenir compte dans ce cadre de deux éléments: le plan de redressement et les pistes pour retrouver l'équilibre à terme. Cet exercice devra se faire en collaboration avec les Régions et les Communautés. Il faudra donc attendre que les gouvernements des entités fédérées soient en place, et le Gouvernement disposera de chiffres plus précis sur les recettes en sécurité sociale et les recettes fiscales vers la mi-juillet,» a indiqué Didier Reynders.
Le Ministre des Finances a rappelé plusieurs autres éléments à prendre en considération:
- Plan de redressement: le secteur de la construction demande une prolongation sur 2010 de la TVA à 6% et le Gouvernement devra se pencher sur l'instauration de la TVA à 6% dans l'HoReCa.
- Union européenne : le gouvernement devra présenter fin septembre un nouveau plan de stabilité à la Commission européenne. La Belgique devrait être parmi la vingtaine de pays pour laquelle la Commission imposera des mesures.
Didier Reynders a encore insisté sur le caractère temporaire des interventions de l'Etat dans le secteur financier.
«Le but est de récupérer l'argent. L'Etat touche déjà les primes payées par les organismes financiers pour la garantie offerte par l'Etat qui a perçu un premier dividende de l'opération BNP Paribas. Il faut donc distinguer ces interventions que l'Etat récupérera à terme et pour lesquelles il touche une rémunération, ce qui fera diminuer la dette, avec le déficit budgétaire qui continuera à grever le budget. Seuls les surplus peuvent alors amener une diminution. On a d'ailleurs déjà évoqué, au niveau européen, la possibilité de faire des comptabilités distinctes,» a-t-il encore expliqué.