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Publié le 23 juin 2009
Le MR a appris mardi avec consternation et tristesse le décès accidentel de Karel Van Miert, un homme d'état qui forçait le respect et qui a marqué au cours d'une carrière particulièrement active l'histoire politique de notre pays et aussi celle de l'Union européenne où il fut un Commissaire européen à la concurrence très remarqué.
Au nom de tous les mandataires du MR et en son nom personnel, Didier Reynders adresse ses plus sincères condoléances à la famille de Karel Van Miert, ainsi qu' à ses proches, ses amis et au sp.a.
Parfois surnommé «l'homme le plus puissant d'Europe» pour la détermination avec laquelle il a affronté les monopoles de plus grandes multinationales et les lobbies, Karel Van Miert se distingua en politique belge à la présidence du SP, au-dessus de la mêlée des querelles linguistiques. Ce fut un socialiste résolument moderne et sincère, sans dogmes, partisan de l'économie de marché avec des interventions des pouvoirs publics limitées au strict nécessaire.
Karel Van Miert, qui à ses débuts à la Commission européenne en 1989 était paradoxalement appelé «le petit Belge,» avait été d'une rare détermination dans des affaires comme celles de la reprise contestée du Crédit Lyonnais, des accords entre Kirch et Bertelsman, des heurts avec le magnat de la formule I Bernie Ecclestone sur les retransmissions des grands prix, ou encore la fusion entre les avionneurs américains Boeing et McDonnell Douglas.
Avant de marquer de son sceau et de sa personnalité les affaires européennes - il fut par deux fois Commissaire européen -, transcendant toujours les intérêts nationaux, ce réformateur-né, aîné d'une famille d'agriculteurs qui comptait neuf enfants, débuta dans la vie comme apprenti-électricien avant de décrocher une licence en sciences diplomatiques à l'Université de Gand (RUG).
Sa thèse était prémonitoire : «Le caractère supranational de la Commission européenne.»
Né le 17 janvier 1942 à Oud-Turnhout, Karel Van Miert, après de nombreuses collaborations avec des Commissaires européens, devint en 1973 un membre du cabinet privé de Henri Simonet, alors Vice-Président de la Commission européenne.
La carrière politique de M. Van Miert a débuté au sein du Parti socialiste belge (PSB), où il a rempli les fonctions de secrétaire international en 1976. Un an plus tard, il est devenu chef du cabinet privé de Willy Claes, alors Ministre des affaires économiques. Il a présidé aux destinées du Parti socialiste de 1978 à 1988, et a assumé la vice-présidence de la Confédération des partis sociaux-démocrates européens en 1978. De 1986 à 1992, M. Van Miert était Vice-Président du Parti socialiste international. Il a été membre du Parlement européen de 1979 à 1985, avant de siéger à la Chambre des représentants de Belgique.
En 1989, M. Van Miert a été nommé membre de la Commission européenne, en charge de la politique relative au transport, au crédit et à l'investissement, ainsi qu'à la consommation. Pendant six années, il a ainsi assumé ses fonctions sous la présidence de Jacques Delors. En sa qualité de Vice-Président de la Commission européenne, M. Van Miert a été chargé de la politique de la concurrence entre 1993 et fin 1999. D'avril 2000 à mars 2003, M. Van Miert a assumé la présidence de l'Université de Nyenrode, aux Pays-Bas. Il y enseignait toujours la politique européenne de la concurrence.
Il est l'auteur de plusieurs ouvrages et articles sur l'intégration européenne. En 2003, M. Van Miert a présidé le groupe de l'Union européenne de haut niveau sur les réseaux de transport transeuropéens.
Il fut également membre (juillet 2006) du conseil d'administration du think tank "Notre Europe" fondé par Jacques Delors en 1996.