Vous ne disposez pas du JavaScript. Pas de problème, le site MR.be est prévu pour fonctionner sans celui-ci. Nous vous conseillons cependant de l'activer afin que votre visite en soit meilleure.
Publié le 29 janvier 2010

Alors que le 65ème anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau vient d'être commémoré, Daniel Ducarme, Député fédéral MR, a déposé jeudi une proposition de résolution demandant à la Belgique d'augmenter sa participation financière dans la restauration du Musée et du site de l'indicible horreur.
«Si rien n'est fait, le site est tout simplement menacé de disparition. Le musée d'Auschwitz a créé une fondation chargée d'accueillir un fonds doté, dans l'idéal de 120 millions d'euros, permettant de subvenir aux besoins de restauration,» a indiqué Daniel Ducarme en rappelant que le Premier ministre polonais, Donald Tusk, avait appelé à la mobilisation internationale pour préserver les lieux qui se dégradent.
«Auschwitz reste le symbole du génocide perpétré par l'Allemagne nazie et le symbole du mal absolu. C'est un signal pour l'Europe et pour le monde. Il ne peut pas disparaître physiquement. La communauté européenne et internationale se doit de participer à la conservation d'un lieu de mémoire aussi puissant que le site d'Auschwitz-Birkenau,» a expliqué le Député MR.
Daniel Ducarme demande aussi au Gouvernement belge, en même temps que ce soutien accru à la rénovation et à la pérennité du site, «symbole ultime de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie,» d'inciter les Etats-membres de l'UE à participer aux frais dans le cadre de la présidence belge pour commémorer le 65e anniversaire de la libération des camps de concentration.
Une délégation de quatre Parlementaires MR s'est, par ailleurs, rendue à Auschwitz-Birkenau pour la commémoration du 27 janvier. Pour le devoir de mémoire. Par respect.
Aux côtés des ultimes survivants et témoins de la monstrueuse tragédie, et en l'absence de membres du Gouvernement belge, Viviane Teitelbaum, Philippe Pivin, Alain Destexhe et Frédérique Ries, ont déposé une couronne de fleurs au nom de la Belgique au pied du Mur des fusillés.
Frédérique Ries, Députée européenne, avait tenu à emmener avec elle Victoria, 15 ans, une lycéenne bruxelloise qui découvrait pour la première fois l'horreur des camps:
«J'ai lu des livres, j'ai vu des films, on a étudié ça l'an dernier en classe. Mais ce n'est pas pareil, ce froid, cette neige en plus. On n'arrive pas à comprendre comment tout cela a été possible. C'est important pour moi en tant que jeune d'être venue. Ca ne doit plus jamais arriver,» a déclaré la jeune femme.
Auschwitz est pour l'histoire le symbole absolu du mal, le témoin du mal absolu. Une histoire qui s'éloigne aujourd'hui pour nos jeunes.
Il faut rappeler encore et toujours que plus d'un million de juifs ont été exterminés ici. Dire et redire l'horreur des usines de la mort nazies.
Parce que «Quiconque oublie son passé est condamné à le revivre,» écrivait Elie Wiesel, survivant d'Auschwitz et Prix Nobel de la paix.
Rappelons que le camp d'Auschwitz-Birkenau, situé dans la petite ville d'Oswiecim, à 70 kilomètres de Cracovie, fut libéré le 27 janvier 1945 par l'Armée Rouge.
En libérant les pays de l'Est, principalement la Pologne, les alliés découvrirent toute l'horreur des camps de concentration et des 6 centres d'extermination mis au point par les nazis pour annihiler les Juifs européens et les Tziganes.
Depuis lors, Auschwitz est devenu le symbole de la barbarie humaine, des crimes de masse et des génocides. En cinq années, sur ce seul site, plus de 1,3 million d'hommes, de femmes et d'enfants, meurent à Auschwitz, dont 900 000 immédiatement à leur sortie des trains qui les y amenaient. 90 % de ces personnes étaient juives. Au total, 6 millions de personnes d'origine juive furent assassinées pendant la seconde guerre mondiale dont 1.1 million dans le Camp d'Auschwitz. Le reste des victimes se compose de 70 à 75.000 Polonais, 21 000 Tziganes et 15.000 prisonniers de guerre soviétiques principalement victimes des camps de travail et des expérimentations médicales du Dr. Josef Mengele et entre 10.000 à 15.000 détenus d'autres nationalités (Soviétiques, Tchèques, Yougoslaves, Français, Allemands, Autrichiens, Belges, Hollandais si l'on excepte les Juifs).

Le camp d'Auschwitz-Birkenau, symbole de la folie nazie est aujourd'hui victime de l'usure du temps. Il est fortement endommagé et risque à terme de disparaitre.
Un monument international à la mémoire des victimes, situé entre les crématoires II et III, a été inauguré en 1967. Le budget du musée s'élève en 2008 à 6,8 millions d'euros. De cette somme, seuls 400.000 euros arrivent de l'étranger. Le reste provient pour moitié des revenus du musée (livres, publications - l'entrée du site est gratuite) et pour moitié du gouvernement polonais. Près de 25 millions de personnes ont déjà visité ce site et les chiffres de fréquentation ne cessent d'augmenter: jusqu'en 2003, le nombre annuel de visiteurs tournait autour du demi-million. Ils étaient en 2008 1,3 million.
«Aujourd'hui, le gouvernement polonais ne peut plus faire face financièrement aux coûts d'entretien et de restauration du site. Si rien n'est fait, le site est tout simplement menacé de disparition,» prévient Daniel Ducarme.
Le musée vient donc de créer une fondation chargée d'accueillir un fonds doté, dans l'idéal de 120 millions d'euros, et dont les dividendes annuels (entre 3 et 5 millions) permettraient de subvenir aux besoins de restauration.