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Economie Didier Reynders contre la spéculation outrancière et pour une indépendance accrue d’Eurostat

Publié le 16 février 2010

Les produits financiers autorisant la spéculation outrancière, comme ceux qui permettent de s'assurer sur la faillite d'un créancier sans pour autant en être soi-même le créditeur, doivent faire l'objet d'un encadrement accru, a déclaré, ce mardi, Didier Reynders, le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances.

«On s'assure sur des risques qu'on n'a pas. C'est un peu comme si vous vous assuriez sur le véhicule de votre voisin en espérant qu'il va avoir un accident. On est plus proche des bookmakers que de l'assurance,» a expliqué Didier Reynders qui participait, à Bruxelles, à un Conseil des Ministres de l'Economie et des Finances (ECOFIN) de l'Union européenne. 

«Je ne suis pas favorable à des interdictions, mais il faut fixer des limites à l'usage de ces produits dérivés, notamment s'ils deviennent dangereux pour la stabilité financière,» a expliqué le Ministre MR.

Rappelons que Michel Barnier, le nouveau Commissaire européen responsable des services financiers, a lui aussi recommandé un accroissement de la transparence sur les marchés dans l'ensemble de l'UE en créant des chambres de compensation pour les produits dérivés.

Actuellement, les dérivés sur événement de crédit (ou "credit default swaps", CDS) permettent aux opérateurs financiers de s'assurer contre la cessation de paiement d'un créancier. Les marchés ont développé une large gamme de produits dans ce domaine.

Au cours de cet "ECOFIN", Didier Reynders s'est également prononcé pour une indépendance accrue de l'office européen de statistiques.

«Les décisions d'Eurostat peuvent actuellement fluctuer en fonction du lobbying des grands Etats,» a expliqué le grand argentier belge.

L'ECOFIN évoquait en effet, ce mardi, une proposition de la Commission européenne visant à renforcer les pouvoirs d'enquête d'Eurostat pour lui permettre de mieux déceler les irrégularités comptables, comme celles mises à jour récemment en Grèce.

Didier Reynders s'est déclaré favorable à cette proposition, à condition que le fonctionnement interne de l'office européen de statistiques soit également revu.

«Il ne faut pas oublier que nous avons aussi connu des problèmes au sein d'Eurostat,» a-t-il rappelé.

Didier Reynders a tout particulièrement relevé certaines décisions relatives au traitement comptable de la reprise des fonds de pension des opérateurs de télécommunications en Europe.

«Les décisions ne paraissaient pas tout à fait les mêmes en fonction des pays,» a-t-il expliqué, rappelant aussi que les représentants des capitales siègent dans les organes de décision d'Eurostat.

Didier Reynders a encore regretté l'importance du lobbying au sein de ces instances: «J'ai quelques souvenirs de l'école et, comme dans la cour de récréation, on n'embête pas souvent les très grands et très forts,» a dit le Ministre.

«Dans ce contexte, il convient non seulement de renforcer les pouvoirs d'Eurostat, mais aussi de le rendre plus indépendant et plus européen,» a conclu Didier Reynders.  

 

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