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Publié le 10 mars 2010

«Si l'on veut une mesure qui ait un effet direct sur l'emploi, baissons les charges sociales,» déclare Didier Reynders, qui regrette les incessants tapages sur les intérêts notionnels.
«Je suis convaincu que ce système a permis d'attirer en Belgique des groupes qui, sinon, n'y seraient jamais venus. Bruxelles reste une place financière grâce à cela,» a déclaré le Vice-Premier Ministre, Ministre des Finances et Président du MR dans une interview à L'Echo.
Pour Didier Reynders, la remise en cause, les débats sur la pertinence des intérêts notionnels, engagés par le PS et le cdH, ces derniers jours, «n'ont aucun sens.»
«Les intérêts notionnels, c'est une mesure à l'impôt des sociétés, valable pour tous. Elle a deux effets, elle a favorisé l'investissement en Belgique de grands groupes internationaux et elle a consolidé les fonds propres de nos entreprises, ce qui s'est avéré particulièrement utile pour résister à la crise,» a expliqué Didier Reynders.
«...Favoriser l'investissement, c'est cela dont nous avons besoin. Je suis toujours surpris de voir que les premiers à se presser à l'inauguration des investissements de Google, Microsoft ou Baxter, sont aussi les premiers à taper sur la mesure qui a fait venir ces groupes en Belgique,» a poursuivi Didier Reynders.
Et d'ajouter que «le secteur financier est toujours en difficulté. S'il a pu préserver largement l'emploi, c'est bien grâce à une situation fiscale raisonnable. Par ailleurs, à un moment où les conditions d'octroi de crédit se resserrent, c'est particulièrement utile de pouvoir soutenir les investissements sur fonds propres, grâce aux intérêts notionnels. Toutes les fédérations patronales défendent la mesure de la même manière. Il faut quand même en tenir compte.»
Comment s'assurer de ce que les aides publiques favorisent réellement l'emploi?:
«Si vous voulez faire cela, le meilleur instrument, c'est la baisse des cotisations sociales. Il n'y a pas besoin de commander une étude pour le savoir. Elle profite à toutes les entreprises qui emploient et rien qu'à elles. Vous pouvez aussi réduire l'IPP pour améliorer le salaire poche des travailleurs sans que cela ne coûte à l'employeur.»
Quant aux restructurations qui touchent des groupes importants tels que ABInbev et Carrefour, Didier Reynders indique que si ces entreprises sont toujours présentes chez nous, c'est bien grâce aux intérêts notionnels.
«Vous touchez à cela et ils géreront leur trésorerie ailleurs,» a-t-il conclu.